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Le télétravail assoupli, eh bien ça ne plaît pas à tout le monde !

Petit à petit l’étau se desserre : ce mercredi marque une nouvelle étape du déconfinement en France, avec le couvre-feu repoussé à 23 heures, la réouverture des salles de sports, piscines et en intérieur pour les bars et restaurants, mais avec une jauge à 50%. Le télétravail est assoupli.

C'est une nouvelle phase de déconfinement qui est entrée en vigueur ce matin, et pour certains d'entre cela signifie un retour au bureau après plusieurs semaines voire mois de télétravail. Mais peut-être avez-vous apprécié le travail à la maison, au point de ne pas spécialement avoir envie de revenir tous les jours (ou presque) au bureau. C'est le cas de Maude, commerciale sur la région nantaise. Pour elle, le télétravail permet d'être plus efficace :

"Je me sens plus efficace. Le télétravail, j'aimerais en faire un maximum. Je m'organise mieux, j'ai le silence autour de moi, je ne suis pas sollicitée. Je suis commerciale et le fait d'être seule chez moi, je me rends compte que j'appelle beaucoup plus, que quand je suis au bureau où j'ai l'impression de gêner mes collègues. Je préfère prendre juste une demi-heure de pause le midi, et puis je peux préparer des dossiers clients à 20h ou 21h, tranquillement. Je trouve que c'est important de retourner au bureau, deux jours par semaine par exemple, revoir les équipes, les collègues, mais c'est vrai que ça donne une grande latitude, et c'est super appréciable".

Maude commerciale

UNE MEILLEUR ÉQUILIBRE AVEC LA FAMILLE

Au-delà de l'efficacité, le télétravail permet à Maude de mieux organiser sa vie de famille :

"Il y a eu énormément de grèves dans les écoles publiques de Nantes depuis le derniers confinement, le périscolaire, la cantine. Quand on est en présentiel au travail, c'est plus compliqué parce qu'il faut quitter le bureau en urgence, il faut se dépêcher, on culpabilise en permanence. Quand on est chez soi, l'enfant rentre tout seul, il déjeune. Un rendez-vous urgent pour un enfant chez le médecin, quand on peut le caler à 17h30, c'est super. Alors que quand on est au bureau ce ne sera pas avant 19h. Les enfants qui peuvent faire un peu moins de centres de loisirs le soir, parce qu'on est là donc ils peuvent rentrer donc il y a une présence à la maison. Cela rend les enfants et les parents moins fatigués au quotidien."

Dans les faits, le "100% télétravail" n'est plus obligatoire dès ce 9 juin en France, afin de permettre un retour progressif au bureau. Pour cela, le ministère a laissé la main aux entreprises et aux partenaires sociaux, pour décider du nombre minimum de jours télétravaillés, quand cela est possible, deux à trois par semaine. Pour en parler et aussi pour parler de la plateforme "Un jeune une solution", la ministre du Travail Elisabeth Borne sera l'invitée de Fabien et Julie dans l'émission "Sur place ou à emporter".

Source Hitwest

Télétravail : 4 tendances émergentes de l'ère post-covid

Ce 9 juin, les règles du télétravail sont assouplies. Trois PME de la tech et le siège lyonnais d'Orange ont profité de la crise pour dynamiter les codes traditionnels de l'organisation du travail et proposer de nouvelles alternatives.

Et maintenant, comment fait-on ? Après plus d'un an de télétravail quasi à 100 % pour les fonctions éligibles, les règles sont assouplies et les dirigeants de PME veulent faire revenir les salariés sur site. Il ne s'agirait pas de rater la reprise. Les discussions se poursuivent pour trouver le bon équilibre, alors que 30 % des entreprises feraient face à des salariés ayant déménagé dans une autre ville depuis le début de la crise, sans en informer leur manager au préalable, selon l'Association nationale des directeurs des ressources humaines (ANDRH). Poussé par la rareté des talents, la croissance qui s'envole et la jeunesse des troupes, le secteur de la tech, s'illustre par des initiatives qui remettent en cause les modèles traditionnels et les réflexes managériaux.

1. 100 % télétravail, zéro bureau

Ne cherchez plus les bureaux d'AssessFirst (7 millions d'euros de chiffre d'affaires), il n'y en a plus. Les 450 mètres carrés loués rue du Sentier, à Paris, ont été lâchés, et le siège social n'est plus « qu'une adresse », dit David Bernard, le dirigeant de cette entreprise spécialisée dans le recrutement prédictif. Plus de la moitié de 70 salariés « data scientists », développeurs, marketeurs, commerciaux et administratifs, 30 ans en moyenne, ont quitté Paris pour Ibiza, Lanzarote, Barcelone, Nantes ou ailleurs sur la planète, avec leur ordinateur sous le bras. L'entreprise s'est mise en « full remote asynchrone », et le personnel n'est même plus obligé de travailler sur les mêmes fuseaux horaires.

« Avant mars 2020, nous étions une entreprise 'basée au bureau' avec un seul télétravailleur », souligne David Bernard. L'entreprise a d'ailleurs dû réaliser un gros travail de documentation sur ses process et ajuster ses méthodes RH pour généraliser le télétravail dans l'urgence. Mais le pli est vite pris, et, en juin suivant, la perspective d'un retour sur site, n'enchante personne.

L'entreprise saute le pas, en juillet. Elle propose à chacun 800 euros de prise en charge d'achat de mobilier et 3.000 euros par an, pour s'offrir des tranches de coworking. Economies réalisées : 15.000 euros par an. David Bernard a maintenu les salaires parisiens .

2. Des rituels RH digitaux et des nouveaux KPI

Le télétravail ne suscitait pas l'enthousiasme de Nicolas Trabuc, le cofondateur d'Happydemics, mais cette PME innovante - « une version digitale d'Ipsos »  basée sur une nouvelle technologie d'études - dont le chiffre d'affaires est tenu secret en phase de levée de fonds, s'y est résolu. A partir du 9 juin, ce sera 10 jours de télétravail par mois possibles pour la quarantaine de salariés. « Ceux qui souhaitent venir au bureau à 100 % le pourront, mais nous n'avons plus forcément vocation à tous nous retrouver », explique le dirigeant. Pour donner ses chances à la nouvelle organisation, deux initiatives, testées pendant la période Covid, perdureront : la réunion digitale du lundi soir à 18 heures, et le baromètre trimestriel de satisfaction des salariés. Ni l'une ni l'autre n'existait avant la crise sanitaire.

La première est le seul moment de la semaine où toute l'entreprise est réunie, chaque pôle prenant la parole pour évoquer ses dossiers. La seconde permet au chef d'entreprise de prendre le pouls de ses équipes. « Lorsque tout le monde est présent, l'ambiance générale est assez facile à sentir, mais à distance je n'arrivais plus trop à savoir et je me suis dit qu'il fallait que j'utilise notre propre outil pour l'entreprise. Et aujourd'hui, les résultats entrent dans mes indicateurs clé de performance (KPI) personnelle », confie le patron.

3. Des recrutements sans frontière

En mars 2020, l'architecte informatique de Troops , dédié à la numérisation des groupes intérimaires, a rejoint son Allemagne natale et le commercial s'est installé à Barcelone. A partir de là, Emilie Legoff, la fondatrice de la start-up lyonnaise a avisé : elle n'avait aucune raison de se « mettre des barrières pour recruter […] des profils presque introuvables, hypertechniques, anglophones… ». Son nouveau terrain de chasse : l'Europe entière.

Depuis un an, elle a intégré trois développeurs et un chef de projet ukrainiens, un codeur estonien et un hacker israélien. « J'ai posté les offres d'emploi sur des sites tech spécialisés, sans cibler spécifiquement des étrangers mais les annonces précisaient 100 % télétravail, et spécifiaient que la maîtrise du français n'était pas indispensable », dit-elle. Les candidats ont passé à distance tests techniques, tests de personnalité pour la compatibilité avec le reste de l'équipe, et un entretien d'embauche en visio.

En plein boom, Troops, 59 personnes pour un volume d'affaires de 500 millions d'euros (rémunération à la commission, entre 1 et 3 %), a embauché 30 nouveaux collaborateurs dans l'année. Seul le noyau initial est encore lyonnais.

4. Des bureaux annexes pour les banlieusards

En rassemblant à la Part-Dieu, à l'automne dernier, 3.000 salariés issus de 18 sites, Orange groupe a perturbé les habitudes de vie et rallongé les trajets de ses collaborateurs. Pour leur éviter de longs déplacements quotidiens, l'opérateur a opté pour la création de quatre sites de télétravail aux quatre points cardinaux à distance de Lyon, à Vienne, Saint-Etienne, Villefranche et Isle-d'Abeau mais reliés aux transports en commun, et d'un espace de coworking en banlieue, à Dardilly.

A la clef, 90 postes proches des domiciles, sans les inconvénients des trajets ou de la maison, avec les mêmes garanties de convivialité, de confort et de fluidité informatique que le siège. Les journées passées dans ces tiers lieux sont décomptées en télétravail, « les salariés n'étant pas auprès de leur équipe », explique-t-on chez Orange.

Ces espaces tampon ont fonctionné six mois avant le confinement, avec un bon taux de remplissage, sans file d'attente sur la plateforme de réservation. Depuis le Covid, le groupe n'exclut pas d'augmenter l'offre en fonction de l'affluence des convertis au télétravail.

Source Les Echos

Les entreprises misent sur le télétravail pour attirer des ingénieurs en informatique

Alors que le télétravail n'est plus une obligation depuis ce mercredi 9 juin, près d'un ingénieur sur deux serait prêt à refuser un poste si l'employeur ne propose pas ce mode de fonctionnement, selon une étude de Ausy, filiale de Randstad. Dès lors, pour attirer les talents de l'informatique, à la fois rares et adeptes du télétravail, certaines entreprises acceptent désormais cette condition.

Alors qu'ils travaillaient déjà avec des outils numériques, sans être forcément au contact du client, les ingénieurs, notamment en informatique, ont très vite pris goût au télétravail. A l'avenir, plus de la moitié d'entre eux (55%) souhaitent télétravailler plusieurs jours par semaine, et 5% veulent le faire à temps plein, révèle une étude Infopro Digital pour Ausy, filiale de Randstad. Parfois même, le télétravail est devenu une condition non-négociable : 49% des ingénieurs sont prêts à refuser un poste si l'entreprise ne propose pas cette possibilité, selon cette étude réalisée en avril.

Source La Tribune

La Croatie veut séduire les télétravailleurs

Avec la pandémie, l’emploi à distance a décollé à travers la planète de même que l’envie chez certains de télétravailler de plus loin que leur domicile.

« La Croatie, c’est magnifique. La vie est belle, abordable comparé à d’autres endroits, le climat est super, les accès internet sont bons », raconte Melissa Paul, consultante en marketing de 53 ans, qui habite Labin, bourg pittoresque d’où on peut contempler l’Adriatique.

En janvier, elle a obtenu le premier visa spécialement créé par le gouvernement pour attirer les télétravailleurs non originaires de l’Union européenne.

Pour l’heure, le phénomène est marginal, mais les autorités espèrent bien l’amplifier.

La Croatie a modifié la loi sur les étrangers pour permettre aux nomades hors UE d’obtenir des visas de résidence d’un an et d’être exemptés d’impôts sur le revenu.

Les demandeurs doivent prouver qu’ils télétravaillent, qu’ils ont un logement, une assurance maladie et des revenus supérieurs à 2200 euros mensuels (3340 $).

Melissa Paul, qui conçoit des blogues et gère sur les réseaux sociaux les comptes d’artistes ou de designers, figure parmi la centaine de postulants, dont la moitié sont Britanniques ou Américains.

« Expérience unique »

Pour l’heure, une trentaine de personnes ont obtenu le sésame et le gouvernement espère une envolée de ces visas une fois levées les restrictions de voyage liées au coronavirus.

Le pays de 4,2 millions d’habitants doit un cinquième de ses revenus au tourisme et a subi de plein fouet l’effondrement de l’industrie internationale du voyage.

En 2020, le nombre de touristes a été divisé par trois sur un an, à sept millions. Les revenus du secteur ont plongé de 50 % à 4,8 milliards d’euros.

Dubrovnik, joyau de l’Adriatique, dont le souci était avant la pandémie la gestion des nuisances liées au tourisme de masse, a été particulièrement touché.

La plupart des touristes se rendent dans cette localité de l’extrême sud par avion. Les régions septentrionale et centrale accessibles en voiture par les Autrichiens, Allemands et Slovènes, principaux marchés de la Croatie, s’en sont mieux sorties.

Derrière le programme de visas spéciaux, Jan de Jong, un homme d’affaires néerlandais qui avait saisi l’année dernière le premier ministre Andrej Plenkovic via les réseaux sociaux. Six mois après, le système était en place.

« De manière générale, la Croatie offre une expérience très unique », dit-il à l’AFP, citant la beauté des paysages, la douceur de vivre, les liaisons avec le reste de l’Europe.

Mais la Croatie n’est pas seule sur le coup.

En Europe, l’Estonie a lancé l’année dernière son propre système de visas tandis que des pays comme la République tchèque ou l’Islande proposent des titres de séjour similaires.

Plus loin, Antigua tente aussi de séduire les télétravailleurs tandis que Bali, en Indonésie, est déjà une plateforme.

Les voyagistes estiment que le phénomène va essaimer dans bien d’autres pays.

Le ministère du Tourisme voit ce programme comme un moyen à long terme de diversifier l’industrie plutôt qu’une rustine pour colmater les dégâts de la COVID-19.

« Ceux qui veulent faire de la Croatie leur bureau provisoire, et qui tombent amoureux de notre nature et de notre culture (…) peuvent devenir nos meilleurs agents publicitaires », a-t-il déclaré dans un communiqué à l’AFP.

Pour Steve Tsentserensky, créateur de contenus américain de 35 ans, le visa représente une pause dans sa carrière de globe-trotter. Originaire de Cleveland, il a séjourné en Nouvelle-Zélande, Ukraine, France, Italie et a travaillé sur des paquebots de croisière.

Il a craqué pour « le rythme de vie » croate. « Ce n’est pas comme si les gens couraient partout », dit-il. « On travaille, mais on peut apprécier aussi la vie ».

Pour Mélissa Paul, le visa est son seul moyen de rester en Croatie après avoir divorcé de son mari croate : « Cela m’a permis de rester là ou j’adore vivre ».

Jan de Jong espère lui que les nomades donneront des idées de travail aux jeunes Croates dont bon nombre veulent émigrer. « Ils apporteront leur expérience et leur état d’esprit et cela peut avoir un impact positif ».

Source: La presse

Télétravail et handicap : opportunité ou contrainte ?

BOULEVERSEMENT. Le deuxième confinement, synonyme pour beaucoup de travail à distance, expose les salariés à un risque non négligeable d’isolement.

Pour nombre de personnes en situation de handicap, la généralisation du travail à distance ressemble à une aubaine. Puisqu’il s’applique peu ou prou à tout le monde, sans distinction liée à la santé, le télétravail estomperait, enfin, les différences. « Il constitue une opportunité pour les personnes handicapées : elles n’ont plus à lutter en permanence contre leur invalidité », note Guy Tisserant, président de TH Conseil, un cabinet spécialisé dans la mise en œuvre des politiques de diversité. Fini le stress quotidien du transport, oubliées les éclipses du bureau pour rendez-vous médical, invisibles les gros coups de fatigue… S’allonger pour se reposer, détendre ses muscles, calmer la douleur, tout devient possible.

« Nos salariés handicapés sont très demandeurs de travail à domicile », constate d’ailleurs Aurélie Hallouin, chargée de responsabilité sociale et référent handicap chez ADP. Cette entreprise, spécialisée dans les solutions de gestion des ressources humaines – 2 400 salariés en France – a proposé à tous ses collaborateurs handicapés un aménagement de leur nouvel espace de travail à domicile. Une vingtaine de postes ont été reconfigurés ; les interventions ont surtout porté sur des agencements matériels : bureaux à élévation électrique, sièges ergonomiques, double écran, supports pour les bras et les poignets…

La menace, à terme, du désengagement

Mais il ne faut pas enjoliver la situation. La généralisation du télétravail, a fortiori en période de confinement, présente un réel danger aux yeux des employeurs : celui d’un délitement des collectifs, avec, à terme, la menace que les collaborateurs se désengagent.

 

Un piège que l’enseigne de crédit à la consommation BNP Paribas Personal Finance a pris au sérieux. Si ses salariés handicapés peuvent bénéficier de deux jours par semaine en télétravail – contre un jour pour les collaborateurs valides –, l’entreprise veut limiter le risque d’isolement. « Pour maintenir la cohésion sociale, nous avons décidé que cette dérogation ne s’appliquerait pas aux salariés travaillant moins de 80 % de la durée légale. Aujourd’hui, sur nos 350 collaborateurs en situation de handicap, 200 sont éligibles à ce quota de deux jours de télétravail », détaille Wonjé Bytha, en charge des questions de diversité.

Le travail à distance, non seulement porteur d’un risque d’isolement pour des personnes déjà fragilisées, pourrait susciter de nouvelles formes d’exclusion sociale si l’accompagnement n’est pas assez renforcé. D’où l’urgence d’investir dans tout ce qui peut le faciliter : l’aménagement des postes, mais aussi des interfaces numériques pour le sous-titrage des visioconférences, ou des traducteurs de conversations téléphoniques en langue des signes.

Des accords d’entreprise qu’il faudra bien négocier

Dans les mois à venir, la généralisation du travail à domicile dans la plupart des secteurs d’activité pourrait se traduire par la multiplication d’accords d’entreprise sur le sujet. Guy Tisserant s’en inquiète déjà : « Il faut à tout prix éviter de raccrocher trop vite les accords sur le handicap à ces nouveaux accords sur le télétravail. Sinon, on peut en arriver à occulter les besoins très spécifiques des personnes handicapées. »

Chiffres clés

1 000 euros par poste de travail pour mettre en place le télétravail : c’est le plafond, par personne, de l’aide exceptionnelle de l’Association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées (Agefiph) et du Fonds pour l’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique (FIPHFP)

80 % du coût d’un masque inclusif (NDLR : à fenêtre, imaginé au départ pour les malentendants) pour une entreprise est pris en charge par l’Agefiph

Près de 8 entreprises sur 10 ont instauré le télétravail lors du premier semestre 2020 (8 % le proposaient avant le premier confinement, d’après l’Association nationale des directeurs des ressources humaines)

Source: Le Parisien

 

Pour faire une demande de télétravail à votre employeur, voici les meilleurs arguments

Malgré l’assouplissement des règles du télétravail, à compter du 9 juin, certains salariés prévoient de demander à leur employeur de rester à domicile. Tour d’horizon sur les manières de faire à privilégier.

TÉLÉTRAVAIL - Retourner au bureau, s’apprêter, prendre les transports en commun... Des habitudes qui semblent bien lointaines pour les personnes ayant été en télétravail depuis le début de la crise sanitaire. Pourtant, ces anciennes activités routinières ne vont pas tarder à reprendre avec l’assouplissement des règles du télétravail, prévu le 9 juin.

À quelques jours à peine de ce grand retour en entreprise, certains employés prévoient de faire une demande spécifique à leur hiérarchie: rester en télétravail. Selon le 7e baromètre d’OpinionWay, pour le cabinet Empreinte humaine, relayés par Le Parisiende nombreux salariés redoutent le retour au bureau. Ils seraient huit travailleurs sur dix à souhaiter télétravailler à la carte.

Malgré la fin de l’isolement, la levée des restrictions liées à l’épidémie de Covid-19 et l’accélération de la campagne de vaccination, une majorité de salariés appréhendent de devoir reprendre le chemin du bureau.

C’est le cas de Clément, qui travaille pour une entreprise dans la grande distribution. “Toutes les tâches qui me sont confiées sont réalisables de chez moi. Le télétravail m’offre un gain de temps énorme, je ne me vois pas du tout retourner au siège”, confie-t-il au Huffpost. Le jeune homme de 25 ans prévoit donc de faire une demande de prolongation du télétravail auprès de sa hiérarchie. Pour ce qui est des démarches à suivre, il les ignore.

Choisir le bon moment, aller droit au but

Chaque entreprise, chaque employeur est différent. Avant de débuter les démarches, il est important de se renseigner et de savoir si l’établissement a déjà mis en place une politique de travail à distance. Si c’est le cas, il est conseillé de faire appel au service des ressources humaines afin de déterminer la flexibilité d’une demande à distance permanente. Si aucune politique n’a été prononcée au sein de l’entreprise, voici les conseils de deux experts qui pourront vous éclairer à ce sujet.

“Venir avec une solution plutôt qu’avec un problème”, est le conseil phare de Maxime Coignard, coach professionnel et auteur du livre Les 7 lois du changement, interrogé par Le HuffPost L’échange avec le hiérarchique se doit d’être bien préparé par l’employé et d’avoir lieu dans des circonstances opportunes.

Choisissez le bon moment pour échanger sur le sujet du télétravail et “optez pour une approche positive”. Lorsque vous entamerez cette conversation, il est préférable d’aller droit au but, d’être factuel.

“Gardez à l’esprit que vous devez présenter une analyse de rentabilisation, et non un argumentaire personnel sur la façon dont vous bénéficierez personnellement de travailler depuis votre canapé”, nous conseille l’expert.

Pour Maxime Coignard, il est important d’utiliser le pronom personnel “nous” plutôt que “je”. Une technique de langage qui permettrait d’impliquer davantage le hiérarchique dans la réflexion. Si cette conversation doit avoir lieu, elle doit être profitable à l’employeur. “Il faut lui montrer qu’il est possible de satisfaire ses besoins, tout en étant en télétravail. Cela doit être gagnant-gagnant”, ajoute-t-il.

Des arguments à privilégier

“L’employé peut s’appuyer sur l’expérience acquise durant les premiers mois de pandémie”, conseille Charles-Henri Besseyre des Horts, professeur à HEC Paris et président de l’AGRH (Association francophone de Gestion des Ressources Humaines), contacté par Le HuffPost. Depuis la généralisation du télétravail, dans le contexte de la crise sanitaire, les entreprises ont dû s’adapter et modifier leur mode de management “qui met davantage l’accent sur la confiance plutôt que sur le contrôle”.

Dans cette perspective, le spécialiste suggère aux futurs demandeurs d’appuyer sur l’expérience acquise durant cette dernière année et sur les choses vertueuses que le télétravail peut en ressortir.

Le gain de productivité n’est pas à négliger, d’après les deux experts. Maxime Coignard conseillerait de mettre en valeur la rentabilité du télétravail. L’employé, n’ayant pas à se déplacer, gagne un temps considérable pour se consacrer à ses missions. Il échappe aussi au stress des transports. Une occasion pour trouver un argument écologique, pour Charles-Henri Besseyre des Horts, qui voit dans cette absence de déplacement un “acte militant pour la transition climatique”.

Afin de rassurer l’employeur sur des questions d’isolement, Maxime Coignard propose d’évoquer les futures interactions que l’employé entretiendra avec ses collègues ou collaborateurs, en visioconférences. “Il est important d’insister sur le fait que l’on restera toujours inclu dans la cohésion d’équipe, malgré le télétravail”, ajoute-t-il.

Télétravailler à 100%, mauvaise idée

Demander le télétravail, pourquoi pas, mais votre employeur aura probablement plus de facilité à l’accepter si c’est seulement quelques jours hebdomadaires. “Je ne crois pas au 100% télétravail”, affirme Charles-Henri Besseyre des Horts. Selon le professeur émérite, il serait plus judicieux pour l’employé de demander quelques jours à domicile, non toute la semaine. Un avis partagé par Maxime Coignard, qui insiste sur la notion de “transition progressive”.

Le futur travailleur se doit d’être transparent sur ses horaires et disponibilités. “Il est possible d’instaurer un point de contrôle afin que le manager ne ressente pas une perte de contrôle sur le collaborateur”, propose l’auteur et coach professionnel. Évoquer des conditions de travail adaptées à la maison, un espace permettant de télétravailler correctement, pourrait aussi jouer en sa faveur.

“Si l’on vous demande de revenir au bureau, il faut que le temps passé en présentiel soit vraiment un temps utile. Si vous faites la même chose à votre bureau que ce que vous faisiez chez vous, votre présence au bureau n’est pas utile”, analyse Charles-Henri Besseyre des Horts.

Pour lui, la généralisation du télétravail à long terme ne fait aucun doute: “Je pense sincèrement que les entreprises vont s’orienter vers deux jours, voire trois, de télétravail par semaine”.

Source: HUFFSPOT

INFOGRAPHIES. Quelles sont les activités professionnelles qui ont le plus recours au télétravail ?

Les contraintes du 100 % de télétravail seront levées le 9 juin, a annoncé le ministre du Travail Élisabeth Borne. Selon les enquêtes mensuelles du ministère, la fréquence du télétravail diminue déjà dans certains secteurs d’activité depuis le début de l’année.

Parmi les prochaines grandes étapes du déconfinement, le recours au télétravail sera assoupli à partir du 9 juin. Selon le ministère du Travail, le nouveau protocole destiné aux entreprises, déjà soumis aux partenaires sociaux, sera mis en ligne la semaine prochaine.

Les Français commencent à s’habituer à ce mode de travail depuis un an. Depuis avril 2020, la Dares réalise chaque mois une enquête consacrée aux activités d’emploi et conditions de travail bouleversées par la crise sanitaire du Covid-19. Les chiffres de ces enquêtes nous indiquent comment le télétravail est appliqué dans les différents secteurs.

Une baisse de recours au télétravail dans certains secteurs

Depuis janvier dernier, une baisse de la fréquence du télétravail est notamment constatée dans le secteur financier et des assurances, de l’information et de la communication, ou encore de l’hébergement et de la restauration. Ce sont aussi les secteurs qui pratiquent le plus le travail à distance.

Dans le secteur financier et des assurances, en mars, 43 % des salariés de ce domaine ont télétravaillé au moins trois jours par semaine, contre 47 % en janvier. Pour les activités de l’information et de la communication, le pourcentage de salariés est passé de 59 % à 50,5 % sur la même période.

Concernant le secteur de l’hébergement et de la restauration, particulièrement touché par l’épidémie, les chiffres passent de 42 % à 30 %.

Voici l’évolution de la fréquence du télétravail par secteur depuis octobre 2020, réalisée avec les enquêtes mensuelles de la Dares :

Fréquence du télétravail par secteur depuis octobre 2020

Comment lire ce graphique ? En mars, 50,5% des salariés du secteur information et communication ont télétravaillé trois jours par semaine ou plus.

L’application du travail à distance reste stable pour les activités immobilières, les milieux scientifiques et techniques, ou encore l’enseignement.

Voici la part des salariés en télétravail de différents secteurs et leur évolution depuis avril 2020 :

Part des salariés en télétravail pendant la crise sanitaire, par secteur

Comment lire ce graphique ? En mars, 52,7% des entreprises du secteur information et communication ont déclaré que la plupart de leurs salariés étaient en télétravail durant ce mois.

Source: Ouest france

 

Pourquoi travaille-t-on plus et mieux en télétravail ?

En France, jusqu’à l’actuelle crise sanitaire, le télétravail était relativement peu pratiqué en comparaison d’autres pays occidentaux. Pourtant, il est démontré que le télétravail a un impact positif non seulement sur les performances des entreprises et des organisations, mais aussi sur le développement durable et le bien-être. Le télétravail améliore le confort de travail, ainsi que les conditions et les temps de déplacement.

Le télétravail est victime de beaucoup de préjugés et de clichés. Il isolerait des salariés démotivés, qui ne seraient plus joignables et qui feraient semblant d’exercer leur fonction alors qu’ils se consacrent à leur famille ou à leurs loisirs. S’ils font l’effort de travailler, c’est en pyjama, dans leur canapé, sans réel engagement ou ambition.

Cependant, une nouvelle étude de chercheurs de la Harvard Business School et de l’Université de New York contredit cette vision négative et démontre que les salariés en télétravail consacrent 48,5 minutes de plus par jour à leur profession. Pendant le confinement, même les managers les plus perplexes ont constaté que le télétravail leur avait permis de maintenir leurs activités sans réel impact négatif.

Beaucoup d’entreprises dont la culture était hostile au télétravail ont pu continuer à fonctionner tout à fait normalement pendant le confinement. Cette prise de conscience a changé en profondeur la perception de nombreux managers qui voient désormais le télétravail comme une solution d’avenir pour être plus efficace, faire des économies surtout en temps de crise, et recruter de nouveaux talents grâce une marque employeur plus attractive. C’est aussi un moyen de gagner en agilité et de réduire les risques.

Des performances remarquables

Bien que le télétravail ne soit adapté ni à tous les métiers, ni à tous les profils, et que certains y soient complètement réfractaires, il présente de nombreux avantages et les personnes qui le pratiquent sont globalement plus performantes. Avec la crise de la Covid-19, cette contrainte est peut-être devenue une opportunité pour les entreprises qui réalisent le potentiel de création de valeur du télétravail.

Après avoir été forcées de l’expérimenter par des circonstances qu’elles ont subies, de nombreuses start-up, mais aussi de grands groupes comme Accenture ou PSA, ont choisi de pérenniser le télétravail sous des formes diverses.

Ces entreprises ont constaté des performances égales ou même supérieures, pour des frais de déplacement et d’immobilier réduits, avec moins de congés maladie et une meilleure empreinte carbone. Le télétravail fidélise les employés qui expriment leur satisfaction et en attire de nouveau qui souhaitent en bénéficier. Il décentralise l’activité et produit des organisations plus horizontales, plus agiles et plus efficientes.

Le télétravail a donc fait ses preuves pendant la crise sanitaire. C’est ce que l’entreprise Twitter a constaté au mois de mai dans un communiqué qui annonce que certains de ses salariés pourront rester en télétravail indéfiniment s’ils le souhaitent. Le groupe s’est montré très satisfait des premiers mois d’expérimentation et a décidé de faire tous les entretiens de recrutement par vidéo-conférence.

Le 21 mai, Mark Zuckerberg a déclaré que 50 % des employés de Facebook pourront travailler chez eux en permanence d’ici 5 à 10 ans. Il précise que ce n’est pas un objectif, mais une possibilité qui est offerte au personnel. Comme pour Twitter, les entretiens à distance vont devenir la norme. En octobre, c’est Microsoft qui a annoncé qu’une partie de ses salariés pourront continuer à travailler depuis leur domicile de manière partielle ou totale.

De meilleurs conditions de travail à la maison

Beaucoup de salariés arrivent sur leur lieu de travail en étant déjà fatigués, surtout dans les grandes agglomérations et en région parisienne, après un long trajet où ils ont dû affronter le froid, la pollution, les embouteillages ou les transports en commun bondés, quand ce ne sont pas les grèves. Ils commencent leur journée de travail avec plus de stress et moins d’énergie que quand ils ont quitté leur domicile, en ayant perdu un temps précieux qu’ils auraient préféré utiliser autrement.

En plus d’éviter les risques actuels de contamination, travailler chez soi permet de préserver son temps, son énergie et son calme, tout en faisant des économies. Le télétravail nécessite d’avoir à son domicile un espace dédié qui permette d’exercer sa profession dans de bonnes conditions. Ce lieu aménagé selon les goûts de chacun est propice à la concentration et évite les interruptions. Le télétravail permet alors de travailler dans des conditions plus confortables et plus agréables, donc de ressentir plus de plaisir et de facilité dans la réalisation de ses missions.

L’entreprise fournit un budget annuel qui permet de s’équiper avec les matériels et logiciels les mieux adaptés aux pratiques individuelles et collectives. Le cadre de travail ne contraint plus le cadre de vie et le bien-être personnel se ressent sur les performances professionnelles. Les salariés peuvent habiter où ils le souhaitent et les entreprises déménagent dans des locaux bien plus petits, moins coûteux et aménagés comme d’accueillants lieux de rencontre.

Certaines personnes réticentes au télétravail, souvent sans jamais l’avoir essayé, considèrent que l’aspect social de leur métier serait menacé et ont peur de perdre tout contact avec leurs collègues. Cependant, ceux qui craignent un isolement qui les rendrait moins efficaces sont parfois aussi ceux qui ne communiquent que par téléphone ou par mail avec des collègues qui sont dans des bureaux à quelques mètres du leur. Par ailleurs, le télétravail permet d’éviter les ambiances toxiques et les rapports de domination abusifs, et il favorise de nouvelles formes de solidarité entre collègues.

Avec les nouvelles technologies et les réseaux sociaux, les jeunes générations ont l’habitude de créer des relations fortes et durables avec des personnes jamais rencontrées. Beaucoup d’entreprises utilisent des systèmes de messageries instantanées pour permettre des conversations impromptues entre les salariés. Le télétravail peut même avoir l’effet paradoxal de renforcer les collectifs de travail. Même les pauses café réputées être des moments d’échanges informels, riches et créatifs, peuvent être recréées à distance.

Il existe des solutions spatio-temporelles intermédiaires comme n’être en télétravail que quelques jours par semaine et/ou dans un télécentre proche du domicile de plusieurs collègues. Cependant, sous l’impulsion de la Covid-19, de nombreuses entreprises françaises suivent l’exemple des firmes américaines, brésiliennes ou suédoises où le télétravail constitue une pratique courante et ancienne.

Cependant, le télétravail n’est pas une solution miracle. Il peut engendrer un sentiment de solitude et limiter les opportunités de carrière chez ceux qui le pratiquent. Il peut également amplifier des dimensions négatives du poste occupé et si la relation est déjà mauvaise entre un salarié et son employeur, le télétravail risque d’aggraver le problème plutôt que de le résoudre. La puissance du lien entre employé et employeur apparaît plus faible, ce qui facilite les licenciements, eux aussi à distance.

Une approche différente du temps de travail

La part des Français ayant expérimenté le télétravail est passé de 7 % à 40 % depuis le début de la crise. Le retard de la France par rapport aux pays nordiques ou anglo-saxons s’explique non seulement par une approche très conservatrice du travail, fondée sur la hiérarchie et le contrôle, mais aussi par un plus faible niveau de transformation digitale des organisations.

En effet, un déploiement maîtrisé et à grande échelle du télétravail nécessite une certaine maturité numérique et une nouvelle approche du management plus centrée sur le bien-être et l’épanouissement individuel.

Le télétravail présente de nombreux bienfaits en termes d’efficacité et de performance. Contrairement aux idées reçues, les personnes en télétravail ne sont pas des personnes qui fuient le travail ou qui cherchent à travailler moins. Ce sont surtout des personnes qui travaillent quant il faut et qui font preuve de beaucoup plus de flexibilité. En particulier, elles peuvent travailler très tôt ou très tard pour se synchroniser avec des équipes en Asie ou en Amérique, et se libérer du temps dans la journée.

Sans horaire pour aller déjeuner ou pour rentrer à la maison, un salarié n’est pas obligé de s’interrompre au milieu d’une tâche et peut terminer ce qu’il a commencé sans avoir à se soucier de son repas ou des embouteillages. Les activités sont mieux définies, priorisées et réparties. Les réunions sont moins nombreuses, plus courtes et plus efficaces. Elles s’appuient sur un ordre du jour précis, font l’objet de moins d’interruptions ou interventions inopinées, et aboutissent à des décisions.

Les salariés ont massivement exprimé leur satisfaction et trois quarts d’entre eux souhaiteraient prolonger le télétravail au-delà de la crise au moins quelques jours par semaine. Certaines entreprises sont donc confrontées aux réticences d’un retour au bureau de leur personnel, non seulement en raison du contexte sanitaire, mais surtout du désir de rester travailler chez soi.

Une forme de reconnaissance

Le télétravail permet de rester proche de sa famille et d’avoir une vie sociale plus développée. L’équilibre entre vie professionnelle et vie privée est meilleur car le télétravail permet de sortir de la routine et du métro-boulot-dodo qui a un effet déprimant et démotivant. Le télétravail permet d’accorder plus de temps, plus d’attention et plus de moyens à la gestion de ses problèmes privés. Il réduit donc les préoccupations parasites et diminue le stress pendant le temps où l’on travaille. C’est d’autant plus vrai pour les Parisiens qui partent en province en gardant le même niveau de salaire, ou les citadins qui partent à la campagne pour profiter du grand air.

Le télétravail permet aux salariés de gagner du temps et de l’argent : parfois plusieurs heures par jour et plusieurs centaines d’euros par mois, ce qui est une grande source de satisfaction. Or, une étude menée conjointement par Harvard et le MIT démontre que les salariés heureux sont deux fois moins malades, six fois moins absents, neuf fois plus loyaux, 31 % plus productifs et 55 % plus créatifs.

Être en télétravail, c’est être responsabilisé par son entreprise, gagner en autonomie et avoir la confiance de son manager dans un contexte où le contrôle de la présence et des horaires n’est plus la garantie que les salariés accomplissent bien leurs missions. Ils se sentent privilégiés et valorisés, et ils expriment leur reconnaissance par un engagement professionnel plus élevé et un fort attachement institutionnel.

Managers et salariés semblent donc avoir adopté massivement et durablement le télétravail. La pandémie aura au moins eu quelques effets positifs en réduisant les déplacements professionnels et en permettant à certains d’accéder à un meilleur confort de vie.

Source: The conversation

Pour préserver la convivialité en télétravail, ces salariés ne manquent pas d'imagination

TÉLÉTRAVAIL - Adieu les potins autour de la machine à café, le brouhaha des open spaces, les déjeuners à la cantine le midi… Un an après le début de la pandémie, un tiers des salariés français continuent à pratiquer le télétravail à temps complet. Si certains s’en accommodent on ne peut mieux, d’autres, au contraire, ne supportent plus l’isolement et trouvent des alternatives pour pallier à ce manque de convivialité.

“Entre salariés, on s’organise des soirées ‘cinéma en ligne’, des ‘quizz nights’, des ‘Colleagues got talent’, à l’image de l’émission ‘la France a un incroyable talent’”, raconte pour Le HuffPost Maureen, jeune employée dans l’aérospatial. Pour elle, ces initiatives participent à l’esprit d’équipe et à la cohésion. “À la Saint-Valentin, on a pu faire des déclarations amicales à nos collègues, via un questionnaire en ligne. Pour la semaine de l’écologie, on a organisé un concours de collecte de déchets à distance.”

Même ambiance dans l’entreprise d’Alexandre, acheteur junior depuis un an à Grenoble. “On participe à des ‘salons café en ligne’ sur Teams. On peut y aller à tout moment puisqu’on reçoit une notification lorsque quelqu’un entre dans la salle. Chaque mardi, on a aussi la possibilité de participer à une séance de sport en ligne.

“Chaque vendredi, on se déguisait”

Si la détresse psychologique des salariés français s’est fortement empirée en un an, c’est parce que le télétravail générerait un manque de perspective et de perte de contrôle de l’environnement, indique le sondage réalisé par Opinion Way pour Empreintes humaines en avril 2021. Parmi les plus exposés à ces difficultés, les jeunes, les femmes, mais aussi les managers qui peinent à gérer leurs équipes à distance.

“C’est important pour les télétravailleurs d’avoir des repères chaque semaine pour que les gens puissent se retrouver”, explique Christophe Nguyen, psychologue du travail et fondateur du cabinet de conseil Empreintes humaines, contacté par Le HuffPost. “L’esprit d’équipe, la confiance collective et le sentiment d’appartenance sont des exigences primordiales pour les entreprises. C’est ce qui permet aux employés d’être créatifs, de trouver du soutien, de répartir les compétences et de mieux coopérer.”

Et cet esprit d’équipe, beaucoup l’ont maintenu, même à distance. “Pendant le premier confinement, on avait nos rituels: le vendredi, on se déguisait pendant la réunion du jour et le soir on s’envoyait des photos de nos apéros. On se détendait comme ça. Une de mes collègues diffusait également un journal hebdomadaire pour se tenir au courant des nouvelles, avec des photos, des blagues…”, témoigne auprès du HuffPost Sandrine, salariée dans une entreprise d’experts comptables à Nantes.

Concours de “mèmes”, challenges, jeux, ateliers cuisine

Très en vogue également: le système du “challenge” pour entretenir la motivation des troupes. Chaque lundi, les employés exposent leur “objectif de la semaine.” “On raconte notre week-end et également nos ‘succès’ et ‘déceptions’ de la semaine passée puis chacun donne un ou plusieurs objectifs pour la semaine à venir”, nous explique Vladislav, manager d’un logiciel informatique.

Et pour renouer avec la convivialité et l’esprit d’équipe, rien de tel que l’instauration de jeux ou de défis. “Chaque semaine, on doit réaliser un défi”, nous raconte Tom, en alternance dans une banque publique. “Il y a deux semaines par exemple, on devait reproduire en photo ‘d’œuvres d’art connues’, mais on a aussi fait des ‘concours de mèmes’ et autres…”

A contrario, de nombreux télétravailleurs ne ressentent aucune envie d’échanger “de tout et de rien” avec leurs collègues. “Pour moi, il ne faut pas mélanger la vie pro et le perso”, estime Clara, 24 ans, affréteuse internationale. “Les cafés, apéros et autres, ça ne m’intéresse pas.”

Alors, comment réagir si son équipe refuse de participer à ces moments de “convivialité et d’échanges”? Pour Christophe Nguyen, la convivialité est “tout sauf une injonction.” “Un manager ne doit surtout pas imposer ces moments informels, sinon ce serait contreproductif.”

Autre difficulté du télétravail: les jeunes en stage ou en alternance peinent à s’intégrer dans une équipe et à apprendre le métier. “Ils ne voient pas le métier se faire puisqu’ils ne vont plus sur le terrain. Cela a un véritable impact dans la socialisation, et l’intégration. À moyen long terme, quand il y a aura des renouvellements dans les équipes, la productivité en période de télétravail posera question”, analyse Christophe Nguyen.

“J’ai débuté mon stage en télétravail. Le premier jour, j’ai eu l’occasion de parler avec tous les membres mon équipe pour faire connaissance. Cela permet de renforcer la cohésion de l’équipe, je trouve ça sympa. Bientôt, je compte également participer à un atelier cuisine”, témoigne Élisa, stagiaire en relations sociales.

La lassitude des réunions Zoom et des cafés Teams

Au-delà d’être une simple pause informelle, la pause-café a aussi le pouvoir de faire circuler les infos, d’en apprendre plus sur son travail, sur ses collaborateurs, sur les stratégies de l’entreprise, sur les conseils... Il s’agit du moment idéal pour glaner de précieuses informations.

“Dans la plupart des entreprises, on a constaté que les initiatives favorisant la convivialité renforçaient le sentiment d’appartenance, et l’appartenance est le premier degré de la motivation. Les entreprises cherchent à maintenir l’unité, et cela lui a donné un nouveau rôle positif”, expliquait Benoît Serre au micro d’Europe 1 en décembre 2020.

Et malgré les initiatives souvent ingénieuses et originales mises en place pour renforcer ce sentiment d’appartenance, certains salariés sont de plus en plus lassés par le télétravail. Même si d’autres, a contrario, ne se voient plus retourner au bureau.

“Un an après le début de la pandémie, on remarque que les télétravailleurs se lassent des cafés Teams et des réunions zoom et beaucoup éteignent leur caméra ou se mettent sur mute. L’individualisme s’est accru. Le télétravail peut également induire un sentiment d’iniquité. Certains se disent: ‘moi je veux être 100% télétravail dans le sud de la France’, quand d’autres se comparent à ceux qui ont des enfants ou à ceux qui sont en chômage partiel. L’enjeu est de repartir sur de bonnes bases et recréer du collectif”, explique Christophe Nguyen.

Le télétravail hybride

Quelle est donc la solution pour rompre avec le sentiment de lassitude et l’isolement? Pour Audrey Richard, présidente de l’Association nationale des directeurs des ressources humaines, la solution “de demain” est l’instauration du “télétravail hybride”: 2 jours à distance et 3 jours sur site. À long terme, ce rythme permettra aux salariés de se sentir “plus détendus et de gagner en temps de trajet” tout en garantissant l’accomplissement du travail bien fait.

La France prendra-t-elle le virage du télétravail hybride? On y arrive bel et bien. Selon les annonces du gouvernement, dès le 9 juin, le nombre de jours en présentiel pourrait être amené à augmenter, mais un nombre minimum de jours en télétravail devrait être maintenu avec un dialogue social au sein de chaque entreprise. Un assouplissement qui se fera “en lien avec les partenaires sociaux au niveau des entreprises”, a annoncé Emmanuel Macron.

Source: Huffpost

 

PEUT-ON EXERCER SON ACTIVITÉ FREELANCE À L’ÉTRANGER ?

Le travail indépendant fait rêver en France. Et c’est peu de le dire. Plus de liberté, des horaires totalement flexibles, un meilleur équilibre entre la vie professionnelle et la vie personnelle… Quand il s’agit de parler Freelancing, les Français sont dithyrambiques. C’est en tout cas ce que laisse entendre une étude menée par ADP, spécialiste de la paie, auprès de 9 920 salariés dans 8 pays européens, dont la France. Dans l’Hexagone, un peu plus d’un salarié sur deux (53%) songe à basculer dans le travail indépendant. Ce chiffre est à mettre en perspective avec la question de la mobilité. 56% des Français se disent « potentiellement intéressés » par une expatriation, et cela n’est pas forcément lié à un quelconque contexte économique, social ou politique particulier. Les Italiens (88%), les Polonais (86%) et les Espagnols (83%) sont aussi friands de mobilité. Freelancing à l’étranger… doux rêve de baroudeur ? Pas vraiment. Aucune loi en France n’interdit aux ressortissants français installés à l’étranger, durablement ou pour une période limitée, d’exercer une activité en freelance… pour peu que la transparence soit au rendez-vous. Quel statut choisir ? Le terrain montre que l’autoentrepreneuriat et le portage salarial ont la faveur des Français. Décryptage…

#1 L’auto-entrepreneur : devenir maître de son destin, pour le meilleur et pour le pire

Ce statut suppose la domiciliation de votre entreprise en France. Pas de panique, vous pouvez le faire aisément en ayant recours par exemple à une société de domiciliation commerciale ou par le biais d’une boite postale, chez un ami ou un membre de votre famille. Le versement de l’impôt et des charges sociales est libératoire dès paiement du pourcentage correspondant. L’impôt est donc versé à l’Etat français.

Si vous résidez à l’étranger une bonne partie de l’année, vous allez devoir vérifier si le pays d’accueil est concerné par les conventions fiscales internationales signées entre la France et plus d’une centaine de pays. Ces conventions fixent la priorité d’imposition d’un pays par rapport à un autre (principe de résidence fiscale unique) et ont la primauté sur les législations internes de chaque pays. Ces conventions vous sont bénéfiques : elles vous évitent la fameuse « double imposition ». Il faut reconnaître que la fiscalité de l’expatrié est assez complexe. N’hésitez pas à solliciter le service des impôts des particuliers non-résidents. Un point mérite toute votre attention : est-il possible de réaliser des missions en freelance pour une entreprise implantée en France sans demander une autorisation auprès du service concerné dans votre pays d’accueil, et donc sans payer vos impôts dans ce pays ? Tout dépend de la législation du pays d’accueil. Pour rester dans la légalité et éviter le risque de vous faire épingler pour évasion fiscale, rendez-vous dans la chambre de commerce de votre lieu de résidence.

Le statut d’autoentrepreneur vous épargne le barnum de la paperasse :

  • pas de souscription auprès du Registre du commerce ou du Répertoire des métiers ;
  • démarche simplifiée pour l’évaluation et le règlement des charges sociales ;
  • obligations comptables réduites ;
  • fiscalité très simple et assez basse ;
  • pas de recette réalisée donc pas d’impôts, ni charges sociales ;
  • diverses exonérations fiscales ;
  • encaissement direct des paiements des clients ;
  • possibilité d’obtenir des aides financières à la création d’entreprise.

Le revers de la médaille ? Il est principalement fiscal :

  • aucune déduction des charges (loyer, matériel, frais) ;
  • changement de statut nécessaire si dépassement des seuils (qui vont être augmentés à 70 000 euros au 1er janvier 2018)
  • calcul des cotisations relatives au chiffre d’affaires et non aux bénéfices perçus ;
  • impossibilité de récupérer la TVA sur les achats et le plafonnement du chiffre d’affaires ;
  • aucune possibilité de recruter.

#2 Le portage salarial : la liberté contrôlée

Le portage salarial est « une relation contractuelle tripartite dans laquelle un salarié porté ayant un contrat de travail avec une entreprise de portage salarial effectue une prestation pour le compte d’entreprises clientes » (définition du Service Public). Par construction, ce régime permet au travailleur d’exercer en indépendant à l’étranger sans perdre son statut de salarié français. Il peut ainsi conserver sa couverture sociale française. Les cotisations pour la retraite ainsi que pour les droits au chômage ne sont pas interrompues.

Côté paperasse, le portage salarial dispense le freelance de la gestion administrative, comptable et fiscale dans le pays d’accueil. C’est l’entreprise de portage qui prend en charge ce volet dans le respect des règles en vigueur. L’indépendant est également soulagé de toute responsabilité civile professionnelle qui peut coûter extrêmement cher en fonction des pays.

Les frais professionnels non facturables au client, appelés également frais de fonctionnement, sont remboursés sur présentation des justificatifs correspondants (factures par exemple). Ils sont généralement plafonnés à 20% de votre chiffre d’affaires HT. Enfin, les frais nécessaires à l’activité de l’indépendant et à son développement, comme le téléphone, l’accès à internet, les frais de publicité, de déplacement, fournitures de bureau, etc. peuvent être remboursés par la société de portage sans que ces remboursements ne soient soumis aux charges sociales ou fiscales.

Pourquoi opter pour le portage salarial ?

  • une plus grande liberté dans l’exercice de l’activité ;
  • Pas de contrainte de hiérarchie ;
  • Prise en charge de la prospection et des conditions du contrat ;
  • Pas de démarches administratives à effectuer ;
  • mêmes avantages qu’un salarié (régime général, assurance chômage, etc.)

Sachez enfin que pour prétendre à la couverture chômage dans le cadre d’un portage salarial, vous devez disposer d’un statut de cadre et percevoir un salaire mensuel de 2 900 euros bruts au minimum pour un emploi à temps plein. Vous devez également souscrire une garantie financière auprès d’un organisme de crédit et réaliser des comptes rendus réguliers à la société de portage.

Nous sommes partenaires avec plusieurs entreprises de portage : Webportage, Portalia et 2i Portage. N’hésitez pas à les contacter pour plus d’infos !

Pour approfondir vos connaissances

Le site du Service Public propose des ressources documentaires exhaustives sur ces deux configurations du travail :

Source L'e-MAG